
I NEED SPACE
Exposition personnelle d'
Aurélie MathigotJe vous ai dit qu’un tableau ne devrait pas être un trompe-l’oeil, mais un trompe-l’esprit.
Pablo Picasso
...Aux armes, et cætera, grappe de brosses à cheveux (sus)pendues recouvertes d’une peau de coton crocheté gris, rose et argent, amène au contraire une distance. Non pas critique ou ironique, mais prudente et pleine d’humour. Attention Mesdames de ne plus se tromper de combat. Il ne s’agit plus de revendiquer une division sexuelle du travail artistique et de rivaliser avec le geste du sculpteur, option anti-mythe Rodin, mais simplement de déplacer une pratique artisanale dans le champ des arts plastiques. Ce mouvement conduit le regard à fixer de manière plus intime notre quotidien (objets domestiques, paysages, images télévisuelles), à s’en approcher pour y pister les idéologies ambiantes, invisibles mais nuisibles. Viendraient donc plus légitimement à l’esprit les figures de Louise Bourgeois, plus récemment de Christelle Familiari et ses Cagoules pour amoureux ou encore le travail sur le langage et l’intime de Jenny Holzer, « les hommes ne vous protègent plus ».
... Aurélie Mathigot ruse, « trompe-l’esprit » par ses enveloppes textiles, cocons faussement protecteurs, véritables envahisseurs du quotidien. Ses leurres, substituts ou artifices posent l’attention sur l’usage même de ces représentations et des objets qui les peuplent. Mises en abyme des pratiques de recouvrement de l’artiste, les notions de surabondance, d’envahissement, et par conséquence de consumérisme et de surproduction, se retrouvent en filigrane dans chacune des pièces présentées dans cette exposition.
Une grappe monochrome blanche et compacte de fruits sans saveur, sans odeur, sans couleur, sans vie, comme fossilisés. Des branches d’arbres recouvertes de napperons, de laines épaisses et brutes, de cire donnant alors à la surface un aspect crémeux, moisi, rongée par les champignons potentiellement protecteurs ou destructeurs. Un livre écrasé sous le poids du mobilier domestique, sous le poids de la télévision. Une photographie d’ordures perlées et brodées. La broderie, la perle, la dentelle qui recouvrent et se substituent dans certains cas aux objets matriciels, cristallisent, plombent, fabriquent une cuirasse, rendent inévitables le motif et la forme. Cet apport de matière (plus ou moins précieuse par sa brillance ou sa pureté) ajoute au sentiment d’oppression déjà omniprésent dans les assemblages et installations d’Aurélie Mathigot.
I need space, installation composée d’une photographie de paysage champêtre (champ vert, ciel bleu et bergerie) rebrodée sur une large bande centrale verticale, d’un néon rose portant haut et fort l’expression d’un besoin d’espace et de liberté, « I need space », et d’un ensemble de lettres au crochet qui, à la manière d’une ombre portée, forme la phrase « I need money », condition souterraine et inévitable à ce désir d’expansion.
Se découpant sur champ d’azur / La ferme était fausse bien sûr, / Et le chaume servant de toit Synthétique comme il se doit.[…] (Georges Brassens, Histoire de faussaire, 1976)
Stéphanie Airaud
Contact: Véronique Botineau 06 18 56 58 82
| Date : | 28 mai 2009 |
| Heure : | 18:30 - 21:30 |
| Lieu : | |
| Adresse : | 20 rue de Picardie |
| Ville : | Paris, France |
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| Téléphone : | 33142773444 |
| Courriel : | |
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