Fragments de mémoire, Yves-Laurier BeaudoinLes installations d’Yves-Laurier Beaudoin agencent, avec science et détail, images et objets pour analyser notre manière de figurer le corps. L’artiste explique son travail : « C'est par le biais de la photographie et du moulage sur nature que je procède. De par leur qualité d'empreinte, ces deux procédés partagent une même valeur de document, témoignage sans équivoque d'une existence passée transposée en image ou transformée en matière. L'empreinte attire notre attention, capte notre regard, du fait de l'envoûtante et énigmatique beauté d'une forme qui existe en elle-même tout en entretenant un inévitable dialogue avec son origine propre. Cette double réalité de l'empreinte, à la fois présence et absence, est la raison même de son mystère. Je fragmente le corps, le mien et celui de mes proches, en redisposant tous ces doubles de notre existence dans des dispositifs modulaires. Reconstitutions partielles de corps réels, mes œuvres posent un regard singulier sur la représentation, la présence de ce qui est montré laissant deviner ce qui est absent. [...] Représenter le corps s'inscrit dans la figuration du réel et c'est autour de ses règles et mécanismes que ma pratique se développe. »
Récipiendaire de la bourse Girardin-Vaillancourt de la Fondation Desjardins en 2004, Yves-Laurier Beaudoin expose régulièrement depuis 2001. Il détient une maîtrise de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. L'artiste tient à remercier tout particulièrement Florence et Jean-Bernard Dolléans pour leur aide et soutien.
L’image fragilisée du Monde, Philippe BoissonnetPhilippe Boissonnet présente deux installations, «La conscience des limites : Gaïa» (1992) et «En perdre le nord» (2008,). Ce sont deux oeuvres clés du parcours artistique et de la réflexion menée par l’artiste à propos du regard contemporain que l’on pose aujourd’hui sur la fragilité de l’image du monde. Un écart de quinze années sépare les deux installations. L'une est sculpturale et intègre des images holographiques (celle de 1992), l'autre est plutôt vidéographique et intègre un dessin mural ainsi qu'une dimension sonore importante (celle de 2008). Boissonnet souligne : « Entre ces deux époques, ces diverses approches techniques de la représentation, et les deux modes d'intégration des images lumineuses dans l'espace de perception du spectateur, quelques photographies numériques feront le lien conceptuel. Mais tous les travaux présentés s'attardent à faire ressentir une métaphore de la manière dont notre imaginaire collectif est actuellement préoccupé par l'émergence d'une conscience environnementale planétaire. Sauf que j’ai entamé cette démarche depuis plus de 15 ans et elle a toujours été teintée d'une poésie esthétique de l'image de la Terre qui sache rester à l'échelle humaine.»
Philippe Boissonnet est présent sur la scène artistique du Québec depuis 1983, ses recherches en dessin copiegraphie, holographie, installation et dispositifs interactifs l’ont progressivement conduit à remettre en question le statut de l'image et celui de son mode de perception.
De corps et d'autres territoires
du 29 mars au 31 mai 2009
au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire
150, rue du Centre Civique
Renseignements : 450-536-3033

